Le maréchal Abdel Fattah Al-Sissi va-t-il légitimer la répression en Egypte après l’onction du pouvoir de jure acquise ?

Sissi

C’est fait. Le maréchal Abdel Fattah Al-Sissi a été élu nouveau président d’Egypte. Le résultat de l’élection présidentielle égyptienne dont l’issue était presque connue d’avance par les observateurs avertis, n’aura surpris presque personne. C’est même, me semble t-il, une énième manifestation d’un curieux concept de démocratie Nescafé, à l’africaine (sic!) que je découvre à la suite de la lecture d’un instructif récent billet de De Rocher Chembessi sur son blog. A lire les résultats du scrutin égyptien, on se dit que le mercure électoral aura vraiment chauffé à l’extrême pour Al-Sissi qui obtient 97 % des voix contre 3 % seulement à son faire-valoir d’adversaire Hamdine Sabahi.

Un bémol s’impose néanmoins. Ce plébiscite qui aurait pu désarçonner et dû rabattre le caquet à toute opposition égyptienne, aura été, hélas, timoré par un faible taux de participation des électeurs qui s’est situé à 36 % à l’issue de deux jours officiels de vote prévus. Même quand un troisième jour supplémentaire a été accordé aux électeurs, ce taux n’aura dépassé guère les 44 %. C’est à penser que, seuls les pro-Al-Sissi se sont rendus aux urnes, accorder ce plébiscite à leur idole. C’est dire aussi qu’un tel pourcentage de participation dévoile plutôt une sorte d’impopularité d’un homme dont on a cessé pourtant de vanter le contraire. Arguer, comme tentent de le faire, aujourd’hui, les pro-Al-Sissi, que malgré ce faible taux de participation, leur leader à été élu avec près de 23 millions de voix d’Egyptiens contre 13 millions à son prédécesseur Mohamed Morsi lors de l’élection de 2012, n’est qu’une petite consolation.

la suite…

Complainte de mère nigériane éplorée …. Puisse « Chibok » devenir « She’s back »

 Les larmes d'une mère nigériane de Chibok

 

Pour toutes ces mères nigérianes dont les filles ont été kidnappées à Chibok … Et si le chimérique devenait réel ?  Si… « Chibok »… devenait « She’s back » pour imaginer un retour sain et sauf de leurs rejetons au bercail ? Rêvons … rêvons … et surtout croyons et espérons. 

Face A : Dieu serait-il désormais nigérian ?

 

A cette forme interrogative de mon questionnement, volontiers enduite d’un petit vernis de nuance, un « ami sur Facebook » Didier-Thierry M’Buy Mitwo, moins hésitant, est quant à lui plutôt formel. Pour lui, « Dieu est désormais nigérian ». C’est le titre d’un post que, il y a peu, toute garde baissée, il a placé sur sa page Facebook. De sa belle plume et de manière imagée, Didier explose : 

le Nigeria court désormais très vite, plus vite que Usein Bolt, et tire très vite, plus vite que Lucky Luke

En fin de lecture de son posting, j’ai compris, très vite, que par cet encens, mon ami tenait à magnifier un grand pays ouest-africain, désormais nouvelle puissance économique du continent noir devant l’ex-indéboulonnable Afrique du Sud. Cette première place, de puissance économique africaine, le Nigeria la doit à son PIB  de 2013, qui selon les nouveaux critères de calcul du Bureau national de statistiques, intégrant désormais des secteurs d’activités qui n’étaient pas pris en compte auparavant, comme les télécommunications, l’immobilier ou encore « Nollywood » la gigantesque industrie du cinéma nigérian, a quasiment doublé par rapport à 2012, passant à 491 milliards de dollars contre 384 milliards de dollars pour l’Afrique du Sud qu’il détrône ainsi du sommet de l’économie africaine. Le Nigeria est aussi ce pays qui héberge le Noir le plus riche du monde en la personne de Aliko Dangote.

Une face reluisante que le Nigeria affiche aussi en football dont les Green Eagles, champions du monde chez les cadets, champions d’Afrique chez les seniors, iront bientôt se mesurer à la Coupe du monde, au Brésil, aux meilleurs du monde dans ce domaine. Et que dire de sa musique qui, selon le très sérieux Forbes Africa, a permis, ce pays, de placer sept de ses musiciens dans le Top 10 des musiciens les plus riches d’Afrique…

Quel beau palmarès, serait-on irrésistiblement tenté de dire. Quelle belle face A qui nous est présentée là, d’un beau pays, avant que, en quelques semaines, des tristes événements ne viennent dénaturer cette belle vision du Nigeria et ne nous laissent, hélas, découvrir une autre face, la face B  d’un pays dont on ne peut, à coup sûr, dire qu’elle soit aussi phosphorescente que la première.

 

Face B : Et si Satan était aussi désormais nigérian ?

La face B, celle assombrie par les actuels malheureux événements qui attirent sur le Nigeria, les phares de divers médias internationaux, commence avec une histoire d’enlèvement de près de 200 lycéennes d’une école publique de Chibok par Boko Haram, une organisation que beaucoup considère comme la glaive de l’islam au Nigeria. De Boko Haram, l’analyste Chris Ngwodo donne l’explication et résume en quelques mots, le programme de l’organisation :

Boko Haram est un néologisme haoussa, langue la plus parlée au nord du Nigeria, et signifie « l’Occident est impur ». L’organisation a été fondée en 2002 par Mohamed Yusuf, un prédicateur radical de Maïduguri, capitale du Borno [Etat musulman situé dans l’extrême nord de la fédération du Nigeria]. Mais ce n’est qu’en 2009 que Boko Haram se signale par des attentats meurtriers. Le gouvernement nigérian réagit. En juillet, l’armée lance une opération militaire contre la secte. Mohamed Yusuf est tué. L’Etat nigérian croit avoir décapité le mouvement. En vain ! Depuis, l’organisation s’est radicalisée, semant de nouveau la terreur dans le pays. Boko Haram est notamment très implantée dans le nord du pays – essentiellement musulman – et réclame l’application de la charia. (La fédération dans son ensemble est composée pour moitié de chrétiens et d’animistes.) « L’émergence de Boko Haram traduit la maturation d’impulsions extrémistes ancrées de longue date dans la réalité sociale du nord du Nigeria  

Dans une vidéo diffusée par cette organisation, peu après l’enlèvement des lycéennes de Chibok, Boko Haram dévoilera au monde, par le truchement de son nouveau chef, Abubakar Shekau, des images et un discours horribles et incrédules lorsque ce dernier y annoncera que les filles kidnappées seraient mariées de force ou encore vendues comme esclaves sexuels.

Aussitôt cette diffusion, des images bouleversantes des pères horrifiés et surtout des mères inquiètes, traumatisées et plongées dans la douleur, vont s’afficher sur nombre d’écrans des télévisions du monde. Dans les rues d’Abuja, de Lagos et d’autres villes du Nigeria, les mères nigérianes se réuniront pour dénoncer la désinvolture du gouvernement nigérian à sauver les jeunes filles enlevées. Les nerfs à vif, mais sans ambiguïté, les parents des enfants enlevés n’auront qu’une seule demande, face aux lamentables aveux d’impuissance du président nigérian Goodluck Jonathan, qui déclarera tout ignorer du sort des écolières enlevées : « Retrouver leurs enfants  »

Cette complainte va pousser les puissants de ce monde à s’y mêler. Les USA, la Chine, la France … vont offrir diverses aides au gouvernement nigérian pour solutionner le problème.

Et sur les réseaux sociaux, un #BringBackOurGirls est lancé sur lequel, du monde entier, de nombreuses voix vont s’exprimer pour dénoncer l’action de Boko Haram. Porté par la « première dame américaine » Michelle Obama, cet hashtag va booster et réveiller les médias et surtout les grandes célébrités féminines du monde, au drame nigérian.

Sur ces entrefaites, Boko Haram va diffuser une nouvelle vidéo des infortunées lycéennes toutes revêtues de la tenue musulmane de la burqua. Dans cette nouvelle vidéo, Abubakar Shekau déclarera avoir libéré spirituellement les filles en les convertissant à l’islam. Il marchande dorénavant leur libération physique, contre celle des membres du Boko Haram retenus par les pouvoirs publics nigérians, dans les différentes prisons de différentes villes  nigérianes.

 

 

Un espoir ontologique de libération

Quel espoir de libération, de ces lycéennes, peut entretenir ce marchandage ? L’assurance demeure-t-elle de les retrouver saines et sauves un jour ? Comme il est, hélas, totalement hasardeux présentement de répondre positivement à ces questions.

En matière de dogme, il est souvent difficile de se prononcer sans heurter, parfois, les consciences de certains de ses amis avec lesquels on ne partage pas les mêmes convictions ou croyances religieuses. Face à cette action de Boko Haram, certains amis musulmans ont, naturellement, des certitudes religieuses différentes des miennes et peuvent partager une opinion différente de la mienne. Je reste néanmoins imperturbable, car je trouve tout simplement répugnant de laisser les parents, les proches et tous les Nigérians inquiets et tourmentés, sans réponse face à l’ignominie de cet acte de Boko Haram.

Aux dernières nouvelles, on apprend ici, la volonté du pouvoir nigérian de dialoguer avec Boko Haram pour la libération des lycéennes. Dans l’expectative, il faut se réjouir de cet espoir ontologique et communiquer cette espérance à chacune de mère nigériane touchée par ce drame, afin que la complainte de chacune d’elle : May « Chibok », become « She’s back » to … Chibok… devienne réalité et que le vœu de chaque maman de retrouver son rejeton soit exaucé.

Enfin, que … God bless Nigeria

 

 

La réconciliation, un concept sensé dans la crise ukrainienne et insensé dans celle palestinienne ?

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A force d’entendre un mot s’employer, à tue-tête, ces derniers temps par nombre des médias internationaux, j’ai voulu savoir davantage le sens qu’il pourrait bien véhiculer. Car je suis intrigué par l’usage à géométrie variée qui est fait du concept de « réconciliation » selon qu’il s’agisse de la crise ukrainienne actuelle ou celle, plus ancienne, palestinienne. Je ne comprends, ni ne m’explique cette ambiguïté. 

QUID DE LA VALEUR SÉMANTIQUE DE L’EXPRESSION « RÉCONCILIATION »

D’emblée, je me suis d’abord posé la question de la valeur sémantique du terme réconciliation. J’ai donc cherché à examiner ce qu’en disent certains ouvrages de référence pour, ainsi, mieux saisir sa valeur sémantique. Machinalement, j’ai été interroger le moteur de recherche Google. La première réponse que m’a réservé ma requête, fut une « overdose » d’occurrences : environ 14 300 000 items de résultats possibles à ma demande. Après un premier affinement de mon équation de recherche, j’ai pu légèrement réduire tout ce bruit pour retenir la première valeur que lui donne le dictionnaire de français Larousse  : « Action de réconcilier des adversaires, des gens fâchés entre eux ; fait de se réconcilier »  la suite…

RDC : l’histoire se répète aux dépens du chef de guerre mai-mai Paul Sadala alias « Morgan »

ARTICULUS

Les historiens aiment à nous rappeler que le temps et l’histoire sont diachroniques. Ils décrivent dans leurs marches, des clichés changeants qui façonnent l’évolution des nations au gré de leurs trajectoires. Quand cette évolution devient ou se veut synchronique et que le temps semble ressasser les mêmes clichés, on dit alors que «l’histoire se répète». Dans l’histoire de la RDC, les circonstances de la récente mort de Paul Sadala alias «Morgan» le terrible chef de guerre Mai-Mai de l’Est, semble corroborer cette vérité, lorsqu’on la compare à celle d’un autre chef militaire Pierre Mulele assassiné quelques années plus tôt en 1968.

1968 : Pierre Mulele est assassiné alors qu’il veut renoncer à la lutte armée

MULELE

Pierre Mulele est un ancien ministre du gouvernement de Patrice Lumumba en 1960. Fortement marqué par l’assassinat, toujours non élucidé à ce jour, de ce dernier, le 17 janvier 1961,  il se révolte contre le gouvernement central et le pouvoir de Mobutu, accusé alors de co-auteur de cet assassinat. En 1964, Pierre Mulele déclenche et prolonge, dans sa région d’origine du Kwilu, dans l’actuelle province du Bandundu, la rébellion armée des Mai-Mai Simba de Kisangani contre le pouvoir de MobutuEn septembre 1968, il sort de son maquis et se rend à Brazzaville, pour se concerter avec d’autres lumumbistes sur les voies et moyens de redynamiser son mouvement quelque peu à bout de souffle.

De son refuge de Brazzaville, confiant à une mirobolante amnistie de Kinshasa, Pierre Mulele, sur conseil et en accord avec Marien Ngouabi, président du Congo-Brazzaville, accepte de rentrer à Kinshasa. Le gouvernement du général Mobutu, par la voix de Justin-Marie Bomboko, alors son ministre des Affaires étrangères, jura qu’il ne courrait aucun risque à son retour. Justin-Marie Bomboko, se chargera personnellement de convoyer Pierre Mulele de Brazzaville à Kinshasa dans le bateau présidentiel de Mobutu  la suite…

Présidence de la République à durée indéterminée dans les pays des Grands Lacs ?

PRESOAFRICA

Coïncidence de calendrier électoral dans les pays des Grands Lacs en Afrique centrale : les présidents Pierre Nkurunziza du Burundi, Joseph Kabila Kabange de la République démocratique du Congo et Paul Kagame du Rwanda, sont bientôt en fin de mandat. Cependant, chacun d’entre eux donne l’impression de vouloir modifier la Constitution de son pays pour se maintenir au pouvoir. Ni les frondes de leurs oppositions respectives, encore moins l’avertissement de Russ Feingold, envoyé spécial des Etats-Unis d’Amérique en République démocratique du Congo et dans les pays de Grands Lacs, ne paraissent les ébranler. Vont-ils, sur le modèle du russe Vladimir Poutine, tenir tête et s’imposer ? Let’s Wait and See.  la suite…