RDC : Entre rêve et scepticisme, des universitaires congolais découvrent les CLOM/MOOC.

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Quelques orateurs du jour et une vue du public qui a participé à cet événement

Une sensibilisation de plus pour l’enseignement ouvert et à distance en RDC

Ce samedi 16 novembre 2013, une centaine d’universitaires congolais se donnent rendez-vous au Campus numérique francophone de Kinshasa. Des enseignants, des chercheurs, des étudiants ainsi que quelques professionnels sont venus, la plupart sur invitation, écouter plusieurs orateurs leur parler des MOOC (Massive Open On line Courses)  en anglais ou CLOM (Cours en ligne Ouverts et Massifs) en français. L’événement vaut son pesant d’or. Le concept de MOOC est une réalité totalement ou presque encore inconnue en RDC. Le plateau des organisateurs est relevé. Il s’agit du service d’information de l’Ambassade des Etats Unis à Kinshasa en collaboration avec le bureau de l’Agence universitaire de la francophonie (AUF) de Kinshasa, l’Association des anciens étudiants en formation ouverte et à distance de la RDC (AE-FOAD-RDC),  le Comité national de l’enseignement ouvert et à distance (CNEOD) congolais et Altitude Concept une Sprl congolaise versée dans la pratique des nouvelles technologies de l’information et de la communication. Comme c’est souvent le cas, face à la démission des pouvoirs publics congolais, des telles initiatives novatrices sont abandonnées aux missions diplomatiques. Dans ce cas, la mission diplomatique américaine tient donc à accompagner les congolais dans une épisode pilote de MOOCs en RDC. Finies les interminables séquences de sensibilisation sur l’enseignement ouvert et à distance organisées depuis bientôt une décade par les officiels congolais et rarement suivies d’effets concrets. La mission américaine plus pragmatique propose deux MOOC aux congolais qui le désirent. L’un, en anglais,  sur un cours de Developing Innovative Ideas for New Compagnies : The First Step in Entrepreneurship est offert par l’Université américaine de Maryland. L’autre, en français, sur un cours de Ressources naturelles et Développement durable est offert par l’Université Catholique de Louvain (UCL). L’événement s’inscrit aussi dans la semaine internationale de l’éducation.

Des participants entre … rêve et scepticisme

J’ai observé que l’écoute des conférenciers et des témoignages des quelques anciens étudiants qui ont bien voulu communiquer à l’assistance, leurs expériences de « Clomeurs » (sic!) aura été vraiment studieuse. Des données scientifiques et théoriques ont alimenté les exposés des orateurs et un intéressant débat a accompagné les différentes interventions des différents speakeurs du jour. Ensemble, les participants ont voulu ainsi contribuer à façonner l’évolution des MOOC dans la sphère congolaise de l’éducation et de l’enseignement supérieur. Si globalement, les esprits ont paru très réceptifs à la révolution annoncée des Mooc et de ses enjeux cachés de l’enseignement en ligne, des commentaires de certains, basés sur des données « concrètes » et « réalistes« , des données de terrain, dirait-on, ont parfois semé un certain doute dans les atouts tant vantés du phénomène MOOC dans un contexte de l’enseignement supérieur africain confronté à d’énormes défis. Dans le cas précis de la RDC qui nous concerne, la question lancinante aura été celle-ci : quelles expériences et quelles pratiques de MOOCs dans le contexte de l’enseignement supérieur congolais ? Certains, pour répondre à ce questionnement, ont accepté de rêver, d’autres plus nuancés sont restés sceptiques quant à l’avenir des MOOC en RDC. J’ai  moi aussi participé à cette conférence. J’ai été un des speakeurs du jour et ai témoigné et transmis aux participants, mes expériences d’ancien étudiant FOAD et d’actuel apprenant MOOC et concepteur des cours en ligne. Dans le débat, sans état d’âme, j’ai pris le pas et le pari des rêveurs contre celui des sceptiques. J’ai ainsi, à ma façon, voulu communiquer à l’assemblée, mon optimisme, bien qu’ontologique, sur une pratique pédagogique alternative et irréversible pour le développement de l’enseignement supérieur dans mon pays de cœur. Mon mot de la fin a été explicite : Cessons de considérer les TIC comme un futurisme inaccessible et leur intégration dans la pédagogie comme l’apanage des autres. Cessons d’être des éternels et simples consommateurs des Mooc des autres devenons en aussi des  pourvoyeurs et des producteurs. Après le temps de sensibilisation, voici peut-être venu le temps de l’action. Je le sens,  je crois avoir embarqué beaucoup sur cette voie. La suite me donnera bientôt raison.

 

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laackater
Je suis Congolais de la RDC. Je réside à Kinshasa. J'enseigne à l'université. Je suis de la génération grisonnante, mais féru des nouvelles technologies de l'information et de la communication. Je m'intéresse particulièrement aux technologies éducatives

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