Intégrer les TIC dans l’enseignement, un retour sur une petite expérience de la classe inversée

classe invers

Une année académique, 2013-2014, s’achève. Une nouvelle, 2014-2015, pointe à l’horizon. Ce double événement est souvent, pour tout enseignant, une occasion de faire un bilan de l’année qui s’achève et/ou de prendre de nouvelles résolutions pour celle qui commence. J’ai expérimenté, quant à moi, durant l’année académique passée, une pratique pédagogique de la classe inversée que j’aimerais voir me servir davantage de socle pour une intégration encore plus grande des TIC à ma pratique professionnelle. Je ressens un grand plaisir à rendre dans ce billet, un feedback de mes étudiants à cette expérience. 

FAQ sur la classe inversée

Depuis que les technologies de l’information et de la communication (TIC) ont investis l’enseignement et que nombre d’enseignants se sont résolus à les intégrer dans leur pratique professionnelle, des nouvelles approches méthodologiques d’enseignement, parmi lesquelles, celle de la classe inversée, ont fait surface dans le monde de l’éducation. Mais autour de ce concept, il persiste encore de nombreuses interrogations et questionnements.

               La classe inversée, c’est quoi ?

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De nombreux pédagogues disent de ce concept qu’il est une façon différente d’enseigner et d’apprendre au seuil de ce 21e siècle pressenti comme siècle du numérique. Contre les anti, les pro affirment qu’avec la classe inversée, comparativement à celle traditionnelle, la prise de note se fait à l’extérieur de la classe. Plus concrètement, par cette méthode, à l’aide des capsules vidéo mises à leur disposition et présentant les notions théoriques des enseignements, les élèves/étudiants peuvent les pré visionner avant les séances de la classe présentielle. Le temps de classe ainsi libéré est utilisé pour approfondir, appliquer et assimiler les notions. Le professeur n’a plus, lors de la classe en présentiel, qu’à présenter la matière. Il se rend ainsi plus disponible pour accompagner, motiver et soutenir les élèves dans leur apprentissage. Sur cette méthode, je n’aurai rien de nouveau à inventer. Je ne peux que recommander à tous les professeurs qui souhaitent avoir, par cette approche pédagogique, un réel impact sur leurs élèves/étudiants de se rendre sur ce site Web de référence suffisamment complet qui explique les tenants et aboutissants du concept de la classe inversée.

                                                                                                                                                                     La classe inversée, pourquoi ?

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Comme toujours, toute innovation a ses adoptants précoces, ses retardataires, sinon, ses coriaces détracteurs. Il n’est pas juste, en effet, de considérer, à tout prix, que la pédagogie inversée soit désormais une panacée universelle dans l’enseignement. De nombreuses contraintes et aléas, surtout dans le contexte de sous équipement informatique africain actuel, peuvent, à juste titre, rebuter plus d’uns. Néanmoins, pour moi, qui ai pris le pari des premiers, je conçois la pratique de la classe inversée, comme une pratique qui scelle une collaboration efficace entre enseignant et étudiant, d’une part, et entre apprenants entre eux d’autre part. Le réaménagement du temps de la classe traditionnelle et la possibilité pour les étudiants de s’approprier les contenus des enseignements, à la maison, au moyen des vidéos évacuent l’aspect magistral et permet à l’enseignant de devenir plus un guide, un soutien, un accompagnateur et un orienteur académique. En cela, la classe inversée, me semble une des méthodes dont le monde éducatif de demain a besoin pour s’arc-bouter à l’innovation numérique qui lui colle dans la temporalité.

La classe inversée, comment ?

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La clé de fonctionnement de la notion de classe inversée tourne autour de la vidéo qui, aux dires de certains spécialistes, constitue un outil pédagogique puissant, permettant d’expliquer des notions, de substituer une partie d’un cours et de donner des instructions claires, autant en classe présentielle qu’en dehors de celle-ci. L’autre grand avantage reconnu à l’usage de cet outil est qu’il favorise l’autonomie de l’apprenant qui peut ainsi apprendre à son rythme. De nombreuses plateformes pédagogiques, comme celle canadienne de ChallengeU, mettent en exergue l’usage pédagogique de l’outil vidéo.

Lorsqu’on visualise le contenu diffusé par la vidéo ci-dessous, on se convainc de l’importance de cet outil comme vecteur de divers autres supports multimédia qui favorisent aujourd’hui, un développement fécond de diverses formes d’apprentissage connues sous divers noms : mobile learning, i-pod, podcast, blogging, foad, etc.., toutes, des formes d’apprentissage formatées autour et avec l’intégration des TIC dans l’enseignement.

Retour sur ma petite expérience d’une classe inversée

Dans ma charge horaire, j’ai, entre autres, un enseignement de réseautique avec des étudiants de licence en multimédia. Mon cours est en ligne sur la plateforme e-learning  Moodle. Un des modules de ce cours prévoit une leçon d’apprentissage de sertissage des câbles UTP et des fiches RJ45. J’ai choisi cette leçon pour appliquer le principe de la classe inversée. Il a été demandé aux étudiants regroupés en équipe de 4, de prévisualiser les capsules vidéos mises à leur disposition et démontrant cette activité. Deux semaines plus tard, avec le soutien de l’assistant, lors de la classe en présentiel, les étudiants ont exécuté les tâches propres à cette leçon avec une grande aisance et une grande dextérité qui ont fait gagner beaucoup de temps à notre classe présentielle.

Mieux, à la fin de la leçon, les étudiants concernés ont émis des avis très encourageants sur cette méthode d’apprentissage qui ont fini par nous convaincre d’avoir bien atteint, un peu plus vite, l’un des objectifs spécifiques du module stipulant : « à la fin du module, l’étudiant sera capable de sertir les fiches UTP « .

Suivons donc les intéressés :

Zelia

Aimée

et Landyl 

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laackater
Je suis Congolais de la RDC. Je réside à Kinshasa. J'enseigne à l'université. Je suis de la génération grisonnante, mais féru des nouvelles technologies de l'information et de la communication. Je m'intéresse particulièrement aux technologies éducatives

5 commentaires

  1. Mon cher ami, une nouvelle fois, voilà que la Génération techno-pédagogie est bien servie.
    Le monde n’est-il pas en train de s’inverser, dans son intégralité ?
    Content de te retrouver .

  2. Bravo pour la classe inversée.
    L’intégration pédagogique est aujourd’hui un droit pour nos étudiants et nos élèves car les progrès techniques doivent profiter à tous.
    Les contraintes de cette intégration sont multiples d’une part pour les Formateurs/Enseignants dont nombreux en RDC sont débutants et d’autre part pour les étudiants et formateurs, les conditions économiques ne permettent pas toujours d’avoir un ordinateur branché sur internet!
    La réalité de la mondialisation oblige tant pour les TIC que pour les droits de l’homme. Découvrez avec moi cette Pétition à signer: http://www.faitespaslautruche.org/

    • laackater

      Merci maître Henri et très cher ami. Les contraintes, les obstacles, etc.. qui freinent et empêchent les collègues enseignants à s’engager dans la voie de l’intégration pédagogique des TIC, sont certes des défis réels. Mais les défis ne sont t-ils pas faits pour être relevés par l’homme ? Quant à cette pétition que je découvre grâce à toi, je la signe sans hésitation tout en espérant que ce hashtag #FaitesPasl’autriche face long feu sur Twitter. Merci d’être passer sur ce blog et d’avoir poster ce billet à tous tes amis sur Facebook.

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