#JeSuisCharlie vs #JeneSuisPasCharlie : deux hashtag s’écartèlent sur Twitter

Charlie Hebdo, courant et contre courant sur Twitter

Les très largement médiatisés événements des tueries de Paris, à la suite de l’attaque de Charlie Hebdo, s’accompagnent sur Twitter de deux hashtag qui s’opposent et m’inspirent la rédaction de ce billet dans lequel j’y partage avec tous mes lecteurs ma tourmente dans la difficile proximité à établir et le paradoxe entretenu entre les concepts de liberté de presse, de caricature et dessin de presse, de démocratie, d’intolérance, etc

Des attentats odieux…

L’attentat de Charlie Hebdo et la prise d’otages à la porte de Vincennes à Paris ont focalisé, sur eux, entre les journées de mercredi, jeudi et vendredi, 7, 8 et 9  janvier 2015, les phares de l’actualité mondiale à la suite d’une folle tuerie qui a secoué cette ville et la France en général. Trois illuminés musulmans, les deux frères Kouachi, les tueurs de Charlie Hebdo et Amedy Coulibaly, le preneur d’otages à l’épicerie Casher de Vincennes, ont commis durant cette période, des carnages rarement égalés dans la capitale française.

Le bilan macabre des tueries de l’attaque terroriste et de la contre-attaque des forces de l’ordre est connu : 20 morts dont 8 journalistes-caricaturistes de Charlie Hebdo, 2 policiers, 1 policière, 4 otages, 1 gardien commis à la sécurité de Charlie Hebdo et les 3 terroristes. Même si, curieusement, la plupart des médias internationaux n’annoncent qu’un bilan de 17 morts, ignorant superbement celles des trois terroristes tués dans les assauts de la contre-attaque des forces de l’ordre.

… qui flambent dangereusement les réseaux sociaux 

Comme il fallait s’y attendre, ces événements, aussitôt connus du public, ont flambé les médias sociaux. Particulièrement sur Twitter, les internautes ont vite fait d’initier deux hashtag #JeSuisCharlie et #JeneSuisPasCharlie afin de rassembler sur eux divers commentaires en rapport avec ces événements.

  1. Le premier hashtag tend à rassembler sur lui les opinions des inconditionnels défenseurs de la liberté d’expression et des idéaux canoniques de la démocratie à tout prix, plutôt compatissantes aux malheurs des victimes des attaques terroristes. Un courant qui aura drainé une sublime adhésion des millions des « twitteurs » et semble faire de ce hashtag, comme le reconnaissent certains, un symbole du soutien mondial à l’hebdomadaire touché par l’attaque terroriste. L’édifiante marche républicaine du 11 janvier 2014 à Paris, est sans doute, la parfaite manifestation de ce soutien.
  2. Le second hashtag, en revanche, voudrait évoluer à contre-courant du premier en réunissant sur lui, celles des opinions d’un nombre important de fervents croyants, sans doute principalement musulmans, dont les performances artistiques supposés « blasphématoires » des caricaturistes publiés autrefois par Charlie Hebdo contre leur Prophète Mahomet ont toujours défrayé la chronique et suscité la colère de millions d’entre eux qui se sont toujours ainsi estimés « offensés ». Il n’est pas totalement stupide de penser que c’est là que se trouve la cause à l’origine de l’acte insensé des illuminés terroristes musulmans.

Après la lecture de quelques unes des opinions exprimées dans quelques Tweet de chaque bord et dont il serait assez fastidieux de dresser ici une certaine infographie, on constate hélas la subsistance dans chaque camp des idées « jusqu’auboutistes » qui peuvent dangereusement conduire à l’intolérance et à tous les méfaits qui lui sont liés, si on n’y prend garde.

Ce danger est surtout à craindre du coté des victimes qui comme déjà signalé ici sont immédiatement passés à l’acte contre les musulmans après l’attentat en France. Fort heureusement, certains propos et opinions de certains esprits moins fervents et moins enclins à épouser le radicalisme des uns et des autres, nous préviennent, au risque de paraître suffisamment provocateurs à certains, d’éviter de situer le débat au même niveau que celui placé par ces  fous de dieu

Au final, que faire ?

Et si, au final, nous pouvions, au-delà de toute émotion et de toute passion, avec un regard plus ou moins neutre, fonder notre futur sur cette sagesse et intégrer en plus celle qui transpire dans les propos de quelques autres voix autorisées ci-dessous ? Peut être que chacun y trouverait qui ses espoirs, qui ses limites, qui ses fondements autour de l’amalgame  et des paradoxes entretenus dans des concepts lourdement chargés de sens et de contre-sens que sont : la liberté de la presse, les caricatures et dessins de presse, la démocratie, l’intolérance, etc.

De cette sagesse, pourrait émerger un espoir, bien qu’ontologique, mais susceptible de nous éviter à l’avenir la répétition des actes que nous dénonçons et condamnons aujourd’hui.

Propos de sagesse à méditer

Les dessins de presse nous font rire. Sans eux, nos vies seraient bien tristes. Mais c’est aussi une chose sérieuse : ils ont le pouvoir d’informer mais aussi d’offenser.
     Kofi Annan, ancien Secrétaire général des Nations-unies,
     Prix Nobel de la paix et président d’honneur de la Fondation Cartooning for Peace (1938)

Si on veut connaître le baromètre de la liberté d’expression d’un pays, il ne faut pas aller voir le pemier ministre, mais le dessinateur de presse.
     Plantu, dessinateur français (1951)

Parler de liberté n’a de sens qu’à condition que ce soit la liberté de dire aux gens ce qu’ils n’ont pas envie d’entendre. George Orwell, Écrivain britannique (1903–1950)

Soutenons la liberté de la presse, c’est la base de toutes les autres libertés, c’est par là qu’on s’éclaire mutuellement. Chaque citoyen peut parler par écrit à la nation, et chaque lecteur examine à loisir, et sans passion, ce que ce compatriote lui dit par la voie de la presse. Nos cercles peuvent quelquefois être tumultueux: ce n’est que dans le recueillement du cabinet qu’on peut bien juger. C’est par là que la nation anglaise est devenue une nation véritablement libre. Elle ne le serait pas si elle n’était pas éclairée; et elle ne serait point éclairée, si chaque citoyen n’avait pas chez elle le droit d’imprimer ce qu’il veut.
     Voltaire Écrivain et philosophe français (1694–1778)

Plus on prendra de soin pour ravir aux hommes la liberté de la parole, plus obstinément ils résisteront.                                      Baruch Spinoza, Philosophe hollandais (1632–1677)

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laackater
Je suis Congolais de la RDC. Je réside à Kinshasa. J'enseigne à l'université. Je suis de la génération grisonnante, mais féru des nouvelles technologies de l'information et de la communication. Je m'intéresse particulièrement aux technologies éducatives

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