A l’école, le harcèlement sexuel scolaire « inversé »disculpe l’enseignant

On parle aujourd’hui de manière récurrente, de “classe inversée“ pour invoquer, en pédagogie, un concept directement dérivé de la “flipped classroom“ anglo-américain qui met, dorénavant, au-devant une approche pédagogique nouvelle qui inverse la nature des activités de l’enseignant et modifie les rôles traditionnels d’apprentissage de l’apprenant à l’école. Ce billet ne donne pas les détails et ne fait ni le plaidoyer, ni le blâme de ce principe pédagogique nouveau qui, à ne point en douter, compte aussi bien ses amateurs que ses pourfendeurs. L’allusion à la métaphore de la classe inversée ne nous sert ici que de prétexte pour évoquer plutôt un autre phénomène tout aussi récurent qui s’observe en éducation : celui du harcèlement scolaire.

Le harcèlement en contexte scolaire, un mal qui répand la terreur

Lorsque ce phénomène s’invite dans le domaine éducatif, le harcèlement à l’école, également connu sous le nom de bullying, peut revêtir plusieurs formes, allant du bullying physique au bullying sexuel en passant par les bullying verbal, social et/ou le cyberbullying. Dans tous les cas, quelque soit sa forme, le harcèlement provoque souvent chez sa victime, un désintéressement du programme d’études et de toutes les activités scolaires, un abandon, sinon une fuite des cours ou carrément de l’école. Une suite de méfaits au nombre desquels des pédagogues et des psychologues avisés ajoutent, dans le cas précis du harcèlement sexuel, d’autres effets psychologiques dévastateurs comme l’anxiété, la dépression, les troubles du sommeil, la perte d’appétit, l’incapacité de se concentrer, une estime de soi amoindrie, la perte d’intérêt à l’égard des activités régulières, l’isolement social et les sentiments de tristesse, de peur ou de honte, etc.. Dans les cas extrêmes, pour les surmonter, certaines victimes peuvent envisager ou tenter de se suicider.

Dire non au harcèlement scolaire

D’où l’impératif, pour tous les acteurs et actants éducatifs, d’intérioriser l’impact de ce phénomène, d’en comprendre les conséquences (néfastes) et de saisir la nécessité et l’obligation de dire non au harcèlement scolaire, sous quelque forme qu’il soit.

Bullying sexuel scolaire, d’accord…

S’agissant plus particulièrement du harcèlement sexuel à l’école, cette forme est perçue, généralement, comme une discrimination fondée sur le sexe. Le “Code des droits de la personne“ de la province canadienne de l’Ontario, le définit comme le “Fait pour une personne de faire des remarques ou des gestes vexatoires lorsqu’elle sait ou devrait raisonnablement savoir que ces remarques ou ces gestes sont importuns“. En général, le procès du harcèlement  sexuel à l’école, selon une idée fortement reçue dans l’opinion publique, fait de l’enseignant le premier coupable de la commission de cet horrible acte.  Ce dernier n’est il pas celui qui peut utiliser son autorité en vue d’obtenir des rapports sexuels avec son ou ses élèves. Surtout, ce dernier n’exerce il pas un contrôle important sur les filles à travers les notes de classe et les résultats des examens. Enfin, ce dernier n’est-il pas plus enclin à tirer du plaisir à user de sa position pour solliciter une faveur sexuelle aux filles en situation de vulnérabilité, etc.. ? Autant d’arguments qui forcément le désignent clairement comme le bourreau et l’apprenant comme la victime innocente.

… Oui mais, …et si la faute était partagée ?

Comme tout le monde, entre ces deux principaux protagonistes de l’éducation, je n’hésiterai pas un instant à reconnaître à l’enseignant cette grande responsabilité. Mais, lorsqu’il y a quelques temps, un ami m’a forwadé, sur mon mur facebook, la vidéo ci-après et après avoir visionné et lu entre les lignes les arguments invitatoires des élèves, à l’endroit de l’enseignant surveillant, je suis plus enclin à la nuance et voudrais rappeler et souligner, aussi, celle (responsabilité) de l’apprenant dans la commission de cet acte strictement condamnable, bien sûr.

https://www.facebook.com/metrodakar/videos/1408162069293085/

 

 

 

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laackater
Je suis Congolais de la RDC. Je réside à Kinshasa. J'enseigne à l'université. Je suis de la génération grisonnante, mais féru des nouvelles technologies de l'information et de la communication. Je m'intéresse particulièrement aux technologies éducatives

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